Séances 15 & 16

Contenu des séances

Ces deux dernières séances ont été l’occasion de continuer le projet sur le thème du poulailler (c’est donc la quatrième séance sur ce projet, pour certains enfants), et de démarrer un nouveau projet. Aucune base n’a été donnée pour ce nouveau projet, mais des instructions très précises ont été données pour la créer. Ils ont eu ensuite l’occasion d’améliorer ce jeu, pour se détendre un peu après 4 séances à se battre avec leur projet Poule qui s’était beaucoup complexifié.

Retours

seance16 Le rythme de CodCodCoding évolue. Nous avions commencé le club en proposant une activité différente par séance. Puis nous avons commencé petit-à-petit à imposer plusieurs séances pour travailler sur un même projet, afin de faire disparaître l’idée que les projets ne sont que des créations « jetables ». Nous tentons désormais de laisser le choix aux enfants de continuer ou non leurs projets d’une séance à l’autre.

Ainsi, alors que certains enfants avaient déjà passé 3 séances (imposées) sur leur projet Poule, certains ont choisi de le continuer durant cette quatrième séance. D’autres ont estimé qu’ils en avaient assez. Nous les avons autorisé à passer à l’activité suivante, sous réserve qu’ils aient bien pris le temps d’ajouter l’affichage des règles du jeu, sur leur création (avec un minimum de fautes d’orthographe).

La nouvelle activité consistait à écrire un Pong (voir la fiche d’activité), un jeu vieux comme l’invention du jeu vidéo. Toutefois, certains enfants ne connaissaient pas le principe de ce jeu, à ma grande surprise. La fiche d’activité est très détaillée et donne carrément le code pour faire tout le jeu de base. Il s’agissait donc surtout de savoir recopier, avec pour seule difficulté d’avoir des blocs en anglais, sur la fiche. Certains enfant ont pensé directement à mettre Scratch en anglais pour retrouver les blocs. Certains ont râlé au début, mais tout le monde a fini par réussir à retrouver l’ensemble des blocs nécessaires.

Les premières améliorations du pong (certaines enfants sont dessus depuis 2 séances) arrivent, avec des briques à casser, des niveaux qui imposent de plus en plus de balles à gérer en préparation, et des couleurs chatoyantes pour faire un peu mieux qu’on rond qui rebondi devant un mur de briques. On peut noter que la plupart des enfants écrivent désormais les règles du jeu avant qu’il ne démarre, sans qu’on leur demande, alors qu’ils avaient initialement beaucoup de mal à en comprendre l’intérêt. Cette habitude leur donne aussi des idées de menu : ainsi, pour certains, il faut appuyer sur une touche particulière pour voir les règles, et sur une autre touche pour continuer à jouer. Les enfants commencent à réellement dialoguer avec leurs utilisateurs.

Techniquement parlant, que ça soit pour le jeu Poule ou le jeu Pong, les enfants suivent toujours très bien. La notion de clones est dure à bien comprendre, mais certains enfants semblent commencer à bien la maîtriser. Toutefois, d’autres enfants commencent à accuser d’un retard assez important, qui rend le groupe très hétérogène. La nouvelle façon de fonctionner, en leur laissant le choix de continuer ou non les projets, permettra aux plus lents de finaliser des projets alors qu’ils n’avaient jamais vraiment eu le temps de le faire. Nico a également passé la séance 16 en compagnie d’un enfant, qui avait particulièrement du mal les séances précédentes (notamment dû au fait qu’il est arrivé après les autres durant l’année), pour refaire une ancienne activité (« Le Requin ») en revoyant les bases techniques.

Quelques détails amusants sur le rapport entre les enfants et l’informatique :

  • Certains demandent de temps en temps s’ils peuvent graver leurs jeux. Il n’y a pas plus 2015 que d’avoir des jeux qui se jouent en ligne directement dans le navigateur, et pourtant, leur conception du « jeu pro » continue d’être associé à un média aussi obsolète que le CD-Rom.
  • Un enfant a ajouté une fausse barre de chargement au début de son jeu. Les concepteurs de Scratch ont certainement tout donné pour que les jeux se chargent de façon quasiment instantanée, et c’est censé être plutôt pratique pour les joueurs. Mais non, dans l’univers des enfants, un « jeu pro » met du temps à se charger. Ils demandent donc, par principe, à leur projet d’attendre quelques secondes avant de démarrer, en affichant un lutin « Chargement… ».
  • Plusieurs enfants s’amusent à afficher sur le projet « 0.99€ ». Le choix du prix pourrait pourtant paraître totalement dévalorisant, étant donné le temps qu’ils ont passé dessus. En 2015, c’est pourtant le prix d’un jeu pour un enfant, qui est habitué à consulter le catalogue du market de son téléphone ou de son compte Steam.

Projets des enfants

Fin du projet Poule

Démarrage du projet Pong

Autres

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(2 commentaires)

    • Virginie on Fri 13 March 2015 at 15:38
    • Répondre

    Est-ce que tous les enfants de Cod cod coding sont des habitués des jeux vidéos ? Et pour ceux qui ne le sont pas, est-ce que tu as l’impression que ça les pénalise ?

    1. Je ne pense pas qu’ils soient tous réellement des habitués des jeux. La plupart des enfants semblent d’ailleurs avoir des restrictions fortes du côté de leurs parents, vis-à-vis du temps d’utilisation maximum de l’ordinateur dans une journée ou une semaine.

      Parenthèse : Certains parents considèrent que les 2h de CodCodCoding comptent dans ce quota journalier (ou hebdomadaire)… c’est peut-être une erreur, étant donné qu’il y a bien des façons d’utiliser un ordinateur et que programmer pour créer un jeu n’est pas du tout à mettre dans le même sac que simplement jouer à des jeux.

      Je ne pense pas que les enfants qui ne joueraient pas seraient réellement pénaliser. Ce qui peut leur manquer par contre, c’est une culture du jeu, qui est un sous-ensemble de la culture informatique. Cette culture peut fortement aider à être créatif, et reproduire (parfois inconsciemment) des concepts fondamentaux des jeux qui leur permettent d’être intéressants.

      Enfin, il y a plusieurs catégories de joueurs. Un enfant qui est adepte de jeux de stratégie, ou de jeux de plateforme, n’aura pas la même culture qu’un enfant qui est habitué à joué de très gros jeux très récents. Le profil de l’enfant qui joue à des jeux traditionnels (sur une base Tétris, Pong, Sonic, Mario, etc.) aura une culture plus intéressante pour CodCodCoding que celui qui joue à des jeux ultra-assistés et immersifs tels que GTA, Assassin’s Creed ou autres.

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