Sessions 25, 26 & 27

Contenu de la séance

Après un an de Scratch intensif, nous finissons cette première édition de CodCodCoding par un peu d’électronique et de soudure. Les enfants avaient découvert le concept du Makey Makey il y a quelques semaines, en comprenant rapidement l’infinité des possibilités d’amélioration de l’expérience utilisateur avec les jeux qu’ils ont conçus. Ils sont désormais en capacité de réaliser leurs propres manettes de jeu !

Inter-séances

Le contenu de ce blog n’a pas été mis à jour depuis quelques semaines. Il y a rarement eu de retours faits ici (il n’y pas énormément de choses à dire non plus), mais beaucoup de séances de CodCodCoding ont été remplacées par des inter-séances en extérieur. Elles se sont intégrées à différentes fêtes de la MJC, fêtes de quartier, au lancement d’un film, l’événement Science & You, etc.

Ces sessions extraordinaires ont permis aux enfants de régulièrement confronter leurs réalisations à un public totalement extérieur. Ils ont par exemple dû expliquer le concept et les règles de leur jeu, en ayant l’opportunité de constater eux-mêmes si leurs réalisations sont réellement utilisables. En expliquant à chaque visiteur ce qu’ils ont dû faire pour arriver à ce résultat, ils se sont également retrouvés dans la position de ceux qui expliquent Scratch et donc la programmation, ce qui reste le meilleur moyen de confirmer qu’on a soi-même bien compris les enjeux et le fonctionnement de l’outil.

Si les explications aux visiteurs, lors des premiers événements, ont été un peu chaotiques, les derniers événements nous ont prouvé qu’ils ont beaucoup évolué dans leur discours et dans leur capacité de synthèse.

Lors de l’édition de cette année de Science & You, les enfants ont également eu une introduction à la programmation pour les robots. Ils se sont notamment familiarisés avec la programmation pour les robots Thymio, qui seront probablement au coeur du CodCodCoding Second Niveau, planifié pour l’année prochaine !

Retours

Pour rappel, le Makey Makey est une petite carte électronique avec des fils, qui permet de jouer à des jeux, en utilisant tout ce qui est conducteur. On peut ainsi appuyer sur une banane pour faire sauter un personnage, se fabriquer des pédales avec du simple papier aluminium, tapoter la tête de son camarade pour avancer, etc. Les applications n’ont de limite que notre imagination. Côté programmation, puisque le Makey Makey se contente d’envoyer des codes de touches clavier à l’ordinateur dès lors qu’on ferme l’un de ses circuits en utilisant un conducteur, les enfants étaient dors et déjà en capacité de créer (ou de recycler) des jeux pour ce type d’interfaces. Par exemple, si le joueur doit appuyer sur la barre espace pour jouer à leur Flappy Poule, il suffit de relier la banane à la touche espace du Makey Makey pour obtenir une manette fruitière qui fait sauter une poule.

Un Makey Makey officiel coûtant aux alentours de 50 dollars, ils ont dû se partager le matériel durant les séances où nous l’avons utilisé. Pourtant, il ne s’agit que d’un clavier d’ordinateur minimaliste, avec des fils au lieu des touches. C’est pourquoi nous avons proposé aux enfants de fabriquer leurs propres Makey Makey pour un coût nul, et de repartir chacun avec le sien !

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Voici la recette (en images ici) :

  1. Trouver 1 clavier USB fonctionnel par enfant, qui pourra être totalement détruit.
  2. Demander à chaque enfant de désosser son clavier, pour en comprendre le fonctionnement.
  3. Leur demander d’extraire la partie électronique avec le câble USB, qui est la seule qui nous intéressera.
  4. Leur demander d’identifier les pattes de cuivre qu’il faut relier entre elles pour obtenir des lettres (avec une méthode empirique, consistant à les tester au hasard à l’aide d’un ordinateur, et à minutieusement noter les combinaisons gagnantes). Ils doivent ensuite identifier 4 ou 5 combinaisons qui produisent des caractères utilisables dans Scratch (lettres, chiffres, touche Entrée ou touches directionnelles), et qui ont une patte en commun.
  5. Faire gratter les pattes en cuivre à l’aide d’éponges métalliques pour retirer le graphite qui est dessus (elles doivent devenir dorées au lieu de noires).
  6. Sortir les fers à souder, et leur demander d’étamer les pattes de cuivre qu’ils devront utiliser.
  7. Leurs faire couper des fils électriques mono-brins et leur demander de les dénuder sur 1 cm à chaque extrémité.
  8. Faire étamer les fils avec le fer à souder.
  9. Et enfin souder, en unissant les fils et les pattes en cuivre !

Il aura fallu 3 séances pour obtenir un premier Makey Makey terminé :).

Globalement, ils s’en sortent très bien. Ils ont bien compris le fonctionnement d’un clavier avec le concept de la double-feuille et des interrupteurs, et on tiré eux-mêmes leurs propres conclusions sur l’utilité de la partie électronique. L’identification des touches, qui prend honnêtement 5 minutes pour un adulte, a pris pour certains pas moins de 2 heures et demi. L’aspect très ludique de l’animation (on ne croirait pas comme ça…) et leur manque d’organisation ont beaucoup joué sur cette extraordinaire lenteur.

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Pour ce qui est de la soudure, il y a eu évidemment quelques ratés. Il faut notamment faire attention à ne pas trop insister sur une patte avec le fer à souder, au risque de totalement la brûler et d’aller jusqu’à attaquer le plastique qui est dessous. Il faut également veiller à ne pas arracher les pattes en cuivre, qui ne supportent pas bien la chaleur (une autre méthode consiste à utiliser un pisto-colle plutôt qu’un fer à souder, pour éviter ce désagrément).

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Le travail a été plutôt minutieux, y compris lorsque les pattes à souder étaient très rapprochées. Et il y a presque eu un enfant qui est reparti sans se brûler \o/. Pour tous, sauf le plus âgé, il s’agissait de leur toute première expérience de soudure et ont donc beaucoup appris sur ce terrain. Nous espérons également qu’ils retiendront que faire l’effort de démonter et comprendre les outils qu’ils utilisent au quotidien permet à terme de les réparer, les recycler, détourner leurs usages (en faisant au passage de grosses économies) et gagner en indépendance vis-à-vis des industries. C’est tout simplement ce qu’il appelle le hacking, au delà de la connotation péjorative (et erronée) que les journalistes ont bien voulu donner à ce terme.

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La séance de la semaine prochaine sera la dernière de l’année, et sera l’occasion de finaliser les Makey Makey, autour d’un savoureux goûter !

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